Revues de presse
(RĂ©alisĂ©es en collaboration avec l’agence de presse Les Chemineurs)
La revue de presse du 14 mars 2026
L’IA créera-t-elle des formes de vie exotiques ?
Après avoir créé, en 2008, des premiers génomes artificiels et donné naissance à des cellules synthétiques, des biologistes utilisent à présent l’IA pour concevoir de nouveaux génomes, entièrement nouveaux mais fonctionnels, à partir de milliards d’ADN naturels existants. Encore faut-il pouvoir synthétiser ensuite physiquement ces ADN et les tester – c’est quand même mieux – en laboratoire. Mais la perspective est ouverte d’engendrer des formes de vie radicalement différentes. Pour le meilleur ou pour le pire ?
[Nature]
Les Français ne dorment pas assez !
Une nouvelle enquête montrent que les Français dorment aujourd’hui près d’un quart d’heure de moins qu’en 2024. En 50 ans, le temps de sommeil a diminué d’environ une heure et demie, pour arriver à 6H50 par nuit en moyenne. Plus de 30 % des enfants et jusqu’à 70 % des adolescents ne dorment pas assez. Une « dette de sommeil » liée à nos modes de vie, qui n’est pas sans conséquence sur la santé, avec une augmentation de l’obésité et des risques de diabète, de maladies cardio-vasculaires, ou de cancers. Le travail c’est la santé ? Peut-être. Mais bien dormir aide à la conserver.
[Le Monde]
Les rongeurs rongent d’abord… par plaisir
Mais pourquoi les rongeurs, comme les souris ou les hamsters, grignotent-ils frénétiquement tout ce qu’ils trouvent ? Ce réflexe leur est vital pour limer naturellement leurs incisives, qui croissent de façon permanente. Mais des chercheurs se sont rendu compte que ronger activait aussi dans leur cerveau les circuits de la dopamine, impliqués dans la récompense et le plaisir. Des connexions analogues pourraient expliquer notre propre compulsion à mâcher du chew gum, nos ongles ou nos capuchons de stylo.
[Science]
La revue de presse du 07 mars 2026
Guerre du feu chez les paléontologues
Des fragments de pyrite, ou « pierre à feu », découverts sur un site anglais vieux de 415 000 ans, relancent les querelles paléontologiques. Il s’agit en effet de la preuve la plus ancienne de fabrication de feu. Ce site démontre-t-il pour autant que le feu, en ces âges lointains, était déjà maîtrisé et que son usage s’était répandu comme une traînée de poudre ? Certains en sont convaincus, y voyant l’origine indirecte de l’augmentation de volume du cerveau du genre Homo. Mais ils affrontent ceux pour qui la maîtrise du feu n’a été que sporadique, plusieurs fois perdue et reconquise, jusqu’à il y a environ 50 000 ans. Néandertal avait-il ses propres briquets ou a-t-il dû attendre Sapiens ? Chaque camp affûte ses arguments comme des silex, pour nourrir un débat prométhéen qui fait des étincelles.
[Le Monde]
L’impact climatique des chemtrails
Les esprits complotistes voient dans les traînées de condensation, qui apparaissent dans le sillage des avions, des traces d’épandages massifs de substances déversées à notre insu. Les climatologues, eux, préfèrent étudier plus sérieusement l’impact de ce phénomène physique bien connu – la condensation des gaz chauds et humides au contact de l’air plus froid – sur le réchauffement climatique. Car si l’effet de serre de ces nuages artificiels est très peu documenté, il pourrait être du même ordre de grandeur que celui des émissions de CO2 de l’avion elles-mêmes. Or, des changements modestes de trajectoire ou d’altitude, sur une fraction infime de vols, diminuerait drastiquement cet impact climatique pour un coût minime. Un argument susceptible de faire décoller les recherches dans ce domaine.
Le sang des pédiatres contre les maladies infantiles
Qui possède les meilleures défenses immunitaires contre les maladies infantiles ? Les pédiatres, bien sûr ! Leur sang contiendrait des anticorps 25 fois plus puissants que les antiviraux existants contre le virus respiratoire syncytial, cause fréquente de bronchiolite et de pneumonie chez le nourrisson. Des anticorps qu’ils se forgent, au fil de leur carrière, par leurs expositions régulières au virus. Et dont ils peuvent faire don aujourd’hui à la recherche médicale.
La revue de presse du 28 février 2026
Le colosse Vera Rubin va cartographier l’univers profond
Niché dans les Andes chiliennes, le nouvel observatoire Vera Rubin photographiera dès juin l’intégralité du ciel austral, tous les trois jours, avec une profondeur inégalée. Un projet colossal, démarré il y a plus de vingt ans. Son télescope de 350 tonnes adopte un système audacieux de miroirs encastrés au sein d’un bloc de 8,4 mètres de diamètre, pour envoyer la lumière d’une surface comparable à 45 fois la taille de la pleine Lune vers une caméra de trois tonnes, la plus imposante jamais construite. Elle prendra chaque nuit près de mille images du ciel, avec une résolution de moins d’une seconde d’arc. En une seule année, Vera Rubin produira autant de données astronomiques que l’ensemble de tous les observatoires précédents. Il réalisera un inventaire inédit du cosmos, en cataloguant notamment 20 milliards de galaxies. Pour mieux comprendre, entre autres, l’expansion de l’univers.
[Le Monde]
Le verre peut stocker nos données plus de 10 000 ans
Un nouveau procédé permet de stocker 2 téraoctets (TO) de données, soit des centaines d’heures de vidéos, dans de simples galettes de verre suffisamment inertes pour rester inaltérées durant des milliers d’années (contre une décennie environ pour les disques durs actuels). Un laser modifie l’index de réfraction du verre sur une zone de 100 nanomètres de large sur deux d’épaisseur. Cette modification est ensuite lue en détectant la réfraction d’un faisceau de lumière à l’aide d’un microscope optique. En variant la profondeur et la focalisation du laser, des centaines de couches peuvent être gravées, à la vitesse de 66 Mégaoctets (MO) par seconde, par des faisceaux œuvrant en parallèle. De quoi transmettre aux générations futures nos enseignements les plus précieux, qui ne seront peut-être plus gravés dans le marbre, mais resteront dans le verre.
[Science]
Les fermiers américains ne veulent pas cultiver des données
Dans leur volonté de couvrir la planète de centres de données, les Gafam se heurtent à un obstacle imprévu : des fermiers américains refusent de vendre les terrains nécessaires à leurs légions de serveurs. Les sommes proposées sont pourtant alléchantes : plus de 33 millions de dollars pour une ferme de 260 ha dans le Kentucky, 80 millions pour une autre dans le Wisconsin. Rien n’y fait. Beaucoup refusent de sabrer leurs racines paysannes pour des projets qui contaminent les sols et assèchent les nappes. Les serveurs, rétorquent-ils, ne se mangent pas. Mais s’ils ne nourrissent pas leur homme, ils en enrichissent d’autres, les intermédiaires réalisant des profits colossaux lorsqu’ils parviennent malgré tout à acquérir des terres qu’ils revendent aux Gafam, promesses d’emplois et de taxes locales à la clé. Au risque de dépouiller certains comtés d’un bien qui n’a pas de prix : leur identité.
La revue de presse du 19 février 2026
Des scientifiques piégés par les fichiers Epstein
Après les politiques et les hommes d’affaires, c’est au tour de scientifiques de se retrouver engluĂ©s dans la toile des rĂ©seaux interlopes de Jeffrey Epstein. Il est vrai que le milliardaire, retrouvĂ© suicidĂ© dans sa cellule en 2019 alors qu’il Ă©tait accusĂ© de trafics sexuels et d’abus de mineures, a Ă©tĂ© professeur de mathĂ©matiques. Sa correspondance rĂ©vèle des cadeaux embarrassants Ă diffĂ©rents chercheurs. Ainsi, 800 000 dollars reçus par le prestigieux MIT, et jusqu’à 6,5 millions de dollars pour crĂ©er ailleurs un centre de modĂ©lisation Ă©volutionniste. Recevoir de l’argent d’un criminel n’est pas un dĂ©lit. Mais ces sommes interrogent sur les liens que Jeffrey Epstein entretenait avec les rĂ©seaux scientifiques. La fin justifie-t-elle les moyens pour financer ses recherches ? Pas sĂ»r, lorsqu’on dĂ©couvre cette demande que fait Ă Epstein un virologiste de Standford de financer une Ă©tude sur… l’activitĂ© sexuelle des Ă©tudiants. Un sujet sur lequel il pouvait certes prĂ©tendre avoir une relative expertise.
[Nature]
Ecrire Ă la main, une gymnastique salutaire
Depuis que les ordinateurs – et maintenant les smartphones – ont envahi nos espaces de travail comme de loisirs, les occasions d’écrire à la main se sont réduites comme peau de chagrin. Les étudiants feraient pourtant mieux d’y songer à deux fois avant de taper mécaniquement leurs cours sur leur « notebook ». Les études suggèrent qu’ils retiennent plus longtemps les informations écrites à la main que celles tapées sur un clavier. Mieux, la richesse lexicale d’un texte écrit à la main est supérieure à celle d’un texte dactylographié sur le même sujet par la même personne. Quant à ceux qui rédigent aujourd’hui avec l’IA générative, ils se souviendront très peu du texte rendu, contrairement à ceux qui auront fait l’effort de le produire à la sueur du poignet et du cervelet. L’apprentissage du prompt ne doit donc pas prendre la place de celui, plus laborieux, des pleins et des déliés.
Faut-il élever des singes de laboratoire ?
La question fait débat au sein du CNRS. L’avis consultatif, rendu public le 10 février par son comité d’éthique, fait état d’opinions divergentes en son sein. L’une de ses membres s’oppose en effet à la création, près de Marseille, d’un centre d’élevage d’une capacité de 1 800 primates destinés à la recherche académique. Celle-ci utilise en France plus de un million d’animaux chaque année, pour les trois quarts des souris. En nombre beaucoup plus confidentiel, les primates s’échangent à prix d’or sur le marché mondial. D’où le projet du CNRS de bénéficier de son propre élevage, qui suscite cependant des interrogations éthiques, du fait de la proximité de ces espèces avec l’humain, mais aussi économiques, à l’heure où d’autres pays investissent massivement pour développer des alternatives à l’expérimentation animale.
[Le Monde]
La revue de presse du 12 février 2026
Un regain indigeste des pesticides
C’est peu dire qu’après la loi Duplomb, qui tentait de rĂ©autoriser l’usage de l’acĂ©tamipride, un insecticide puissant, la nouvelle tentative du Parlement passe mal auprès des Ă©cologues et autres experts en environnement. Un professeur au Museum national d’histoire naturelle rappelle que les pesticides augmentent fortement la prĂ©valence de certains cancers chez les agriculteurs et diminuent l’espĂ©rance de vie en bonne santĂ© de tout le monde. Mais puisque les motivations sont financières, le chercheur pointe les coĂ»ts cachĂ©s « colossaux » de l’agriculture intensive. Alors mĂŞme que des alternatives scientifiquement dĂ©montrĂ©es existent, comme l’agroĂ©cologie qui, par des mesures peu onĂ©reuses (planter des haies, mĂ©langer les espèces…), se rĂ©vèle plus efficace pour limiter les ravageurs. Face aux appĂ©tits de l’agroindustrie, agriculteurs et Ă©cologistes ont donc plus d’intĂ©rĂŞts en commun qu’ils ne le pensent.
[Le Monde]
Les traitements contre l’obésité prennent du poids
Contre le surpoids, les nouveaux traitements Wegovy et Zepbound, qui ciblent les récepteurs GLP-1 pour couper durablement l’appétit, montrent leurs limites, avec des pertes de poids qui finissent par stagner. Les laboratoires pharmaceutiques redoublent donc d’efforts pour sortir la prochaine génération. L’idée ? Additionner les cibles, avec des molécules capables d’agir à la fois sur les récepteurs GLP-1 et GIP, régulant l’appétit. Voire sur un troisième, en ciblant aussi les récepteurs du glucagon. Un triplet gagnant qui permet de perdre jusqu’à un tiers de son poids en quinze mois. Autre piste: associer des molécules différentes, agissant chacune sur un récepteur contrôlant la satiété. De quoi doper les cours en bourse des laboratoires concernés, et inquiéter les médecin, car une perte de poids trop rapide peut être nocive pour le patient. L’appétit est en revanche bien moindre pour comprendre les raisons sociétales qui favorisent tous ces surpoids.
Les bonobos jouent aussi à la dînette
Jouer Ă faire semblant n’est pas l’apanage des humains. Un mâle bonobo a clairement prĂ©fĂ©rĂ©, dans une expĂ©rience rĂ©pĂ©tĂ©e de thĂ© imaginaire, prendre une tasse qu’un scientifique avait fait semblant de remplir, plutĂ´t qu’une autre qu’il avait fait semblant de vider. Le singe Ă©tait Ă©videmment parfaitement conscient que la tasse, dans les deux cas, Ă©tait vide. Un autre bonobo a mimĂ©, de son cĂ´tĂ©, le fait de manger face Ă une photographie de fruits, tandis que des chimpanzĂ©s – essentiellement femelles – ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© observĂ©s prenant soin d’une poupĂ©e. Les grands singes, voire d’autres animaux, pourraient donc avoir, au moins en laboratoire, une vie mentale beaucoup plus riche que ce que l’on a bien voulu leur prĂŞter. Reste Ă savoir si de tels comportement de jeu « pour de faux » se retrouvent chez ceux qui ont une vie sauvage.
[Nature]
La revue de presse du 07 février 2026
OpenClaw, l’ami qui ne vous veut pas que du bien
Au départ, cela ressemble à une très bonne idée : installer une IA qui ne se contente pas d’écrire des textes à volonté, mais qui utilise toutes mes applications pour réaliser toute seule l’objectif que je lui ai fixé, quitte à improviser. C’est la promesse d’OpenClaw, un assistant IA en open source. L’inconvénient – et il est de taille – c’est qu’il ne fonctionne évidemment qu’avec le contrôle total de votre ordinateur. On imagine alors sans peine le cauchemar que peut devenir, sans garde-fou, une IA disposant de toutes vos données et capable de les utiliser pour interagir en votre nom avec on ne sait trop qui ni quoi. Les experts en cybersécurité s’en arrachent déjà les cheveux (pour ceux qui en ont encore). Le risque n’est pas d’être confronté à une machine plus intelligente que nous, mais bien de donner carte-blanche à un algorithme inventif mais sans jugement.
[L’ADN]
Des datacenters dans l’espace ? Beaucoup de bruit pour rien
Pour réduire l’impact du numérique sur l’environnement terrestre, Google annonçait fin 2025 vouloir installer des data centers en orbite. Un projet peu crédible vu les défis concrets qu’il pose. Celui des rayons cosmiques d’abord, qui provoquent des pannes et détruisent des composants. D’alimentation électrique ensuite, car produire le GW d’électricité nécessaire aux data centers d’aujourd’hui nécessite des panneaux solaires gigantesques. Il sera en outre difficile d’évacuer la chaleur produite, car si l’espace est en général très froid, il ne contient pas d’air. Cette chaleur doit donc être évacuée par radiation, ce qui nécessite des radiateurs immenses. Reste enfin la maintenance, acrobatique et hors de prix dans l’espace. Alors pourquoi annoncer un tel projet ? Sans doute parce que l’IA a besoin de capitaux et donc que l’on parle sans cesse d’elle. Et manifestement ça marche.
Meurs un autre jour
La vie s’accroche parfois Ă un fil qui refuse de rompre. Des urgentistes en rĂ©gion parisienne peuvent en tĂ©moigner. AppelĂ©s au domicile d’une dame de 94 ans pour des douleurs thoraciques, ils diagnostiquent un infarctus du myocarde, qui Ă©volue en arrĂŞt cardiaque. La nonagĂ©naire ayant rĂ©digĂ© des directives anticipĂ©es refusant des soins dĂ©raisonnables, aucune rĂ©animation n’est entreprise compte tenu de son grand âge. Mais après plusieurs minutes, alors que le mĂ©decin rĂ©dige l’avis de dĂ©cès, sa circulation cardiaque reprend spontanĂ©ment. Près d’une heure après, la vieille dame a repris conscience. Le lendemain, son Ă©tat neurologique est normal. Un cas exceptionnel de phĂ©nomène dit « de Lazare » sans sĂ©quelles. Elle quittera l’hĂ´pital en très bonne santĂ© – pour son âge -, bien dĂ©cidĂ©e cependant Ă nuancer ses directives anticipĂ©es, car surprise qu’un simple massage cardiaque n’ait pas mĂŞme Ă©tĂ© tentĂ©.
[Le Monde]
La revue de presse du 01 février 2026
Un champion tricolore du calcul
Plus de un milliard de milliards de calculs par seconde, soit un exaflop : c’est la performance du supercalculateur que l’entreprise française Eviden, installée à Angers et filiale du groupe Atos, va livrer prochainement au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Un seuil vertigineux que seuls les États-Unis et la Chine sont aujourd’hui capables d’atteindre. Distribuée dans une centaine d’armoires électriques, pour un poids total de 280 tonnes, cette puissance extrême de calcul permettra de simuler l’action d’un médicament, ou des explosions nucléaires. Un outil majeur de souveraineté (même s’il utilise massivement des puces américaines Nvidia), à l’heure où les alliés d’hier se comportent parfois comme les adversaires de demain.
[Le Monde]
On mange aussi avec le cœur
Bien manger, cela s’apprend. Mais les programmes d’éducation alimentaire manquent souvent d’impact auprès d’enfants peu emballés par les épinards. Pourquoi ? Peut-être parce qu’ils font l’impasse sur les émotions. Or, la littérature montre qu’une ambiance joyeuse ou ludique, ressentie lors du repas, favorise une alimentation diversifiée. Inversement, se servir des aliments comme des récompenses ou des objets de chantage développe des biais émotionnels favorisant à terme le surpoids. Trois catégories de parents ont été identifiés : les « coercitifs », maniant menaces et récompenses, les « structurés », qui posent juste des règles, et les « autonomes », qui laissent l’enfant faire ses choix. Trois modes d’éducation qui conduisent à des pratiques alimentaires différentes. Des chercheurs conseillent de faire du repas un moment de bien être et de confiance, plus propice aux nouvelles expériences gustatives. N’oubliez pas de sourire quand vous servirez des épinards aux enfants !
La tour Eiffel accordera la science au féminin
En 1889, Gustav Eiffel qui édifie dans Paris sa fameuse tour éponyme, choisit d’en faire un « panthéon des sciences ». Il fait inscrire, sur la grande frise du premier étage, le nom de 72 des plus grands savants français qui ont marqué l’histoire depuis la Révolution. Évidemment, tous sont des hommes. Une injustice que la mairie de Paris s’apprête à corriger, en proposant de compléter la frise de 72 nouveaux noms, mais de femmes scientifiques. Des noms moins célèbres, hormis Marie Curie et sa fille, ou la biologiste Rosalind Franklin, mais dont le rappel incitera peut-être les filles d’aujourd’hui à s’orienter davantage vers des carrières scientifiques. La liste a été soumise aux académies des sciences, des technologies et de la médecine, à qui il reviendra de réparer cette misogynie de l’histoire.
La revue de presse du 25 janvier 2026
Les robots humanoĂŻdes arrivent !
Vieux rêve de science-fiction, les robots humanoïdes commencent à se déployer dans les usines chinoises. En novembre, la firme chinoise Ubtech annonçait avoir livré en 2025 plus de mille exemplaires de son Walker S2, qui marche de façon autonome, saisit et déplace des objets. Pour l’heure, il s’agit d’évaluer leurs capacités et d’accumuler des données, car ces bipèdes mécaniques ne savent encore réaliser que des tâches simples. Mais leur aptitude progressive à improviser pourraient en faire plus tard des travailleurs universels, capables d’opérer dans des environnements conçus pour les humains. D’abord dans l’industrie automobile, qui offre des environnements standardisés favorables à la robotisation. Puis partout où les tâches sont répétitives ou dangereuses. En particulier, comme aime le prophétiser la science fiction, pour des usages militaires.
Le Groenland s’agrandit
Et cela n’a rien à voir avec la volonté du président Américain Trump de l’annexer. La fonte rapide, liée au réchauffement climatique, de l’immense calotte de glace qui le recouvre, va en effet faire rebondir le sol en dessous. Cette calotte de 3 km d’épaisseur creuse la terre sous elle comme le ferait une lourde boule de bowling sur un matelas, et sa masse attire en parallèle, par gravitation, l’eau de mer à proximité. Un double effet qui disparaît avec la fonte accélérée de la glace, dont l’allègement soudain fait remonter localement la terre. Or, les mesures GPS révèlent que ce rebond se produit beaucoup plus rapidement que prévu. Résultat ? Le Groenland sera l’une des rares régions du monde dont les côtes s’étendront en 2100 au lieu de se réduire : le niveau de la mer pourrait localement chuter de 1 à près de 4 mètres. De quoi aiguiser davantage encore les appétits d’annexion ?
Malin comme une vache?
On pensait que la capacitĂ© Ă utiliser des outils diffĂ©remment en fonction de la tâche Ă©tait l’apanage des humains et, Ă la rigueur, des chimpanzĂ©s. Il semblerait dĂ©sormais que la vache – qui n’est pas forcĂ©ment l’animal auquel on pense spontanĂ©ment pour Ă©voquer l’intelligence – en soit elle aussi capable. Veronika, une vache autrichienne de 13 ans, a en effet appris d’elle-mĂŞme Ă utiliser un balai-brosse pour se gratter, de façon diffĂ©rente selon la partie du corps. Une capacitĂ© qui a stupĂ©fait les biologistes de la cognition de l’universitĂ© vĂ©tĂ©rinaire de Vienne. Veronika attrape le balai avec sa bouche, et choisit de se gratter le dos, lĂ oĂą la peau est Ă©paisse, avec la brosse, mais utilise au contraire le bout rond du manche, plus doux et prĂ©cis, pour le ventre ou le pis. Un double usage vachement malin.
[Le Monde]
La revue de presse du 18 janvier 2026
Cartographier les cancers en France
Aussi surprenant que cela paraisse, la France ne disposait pas d’un registre national des cancers, qui constituent pourtant la première cause de mortalité dans le pays. Cette lacune vient d’être réparée, avec la publication du décret d’application qui officialise son développement. Jusque-là , les calculs d’incidence, de prévalence et de mortalité des cancers ne reposaient que sur des estimations, à partir de registres locaux qui ne couvrent qu’un quart de la population. L’île-de-France, par exemple, mais aussi des abords de sites classés Seveso, n’étaient pas couverts, obligeant les experts à des extrapolations laborieuses. Il devenait donc urgent de disposer d’un tel registre, comme il en existe dans plusieurs pays européens, pour mieux apprécier l’impact de l’environnement sur l’apparition des tumeurs. Confié à l’Institut national du cancer (INCa), ce registre croisera des données de multiples sources médicales, pour servir d’appui à la recherche.
[Le Monde]
Le premier télescope spatial privé
Alors que l’administration américaine sabre les budgets de la recherche, des philanthropes prennent le relais. La fondation Schmidt Sciences financera la mise en orbite d’un grand télescope nommé Lazuli. Équipé d’un miroir de 3,1 mètres, plus grand que celui du télescope Hubble de la Nasa, il facilitera l’étude des exoplanètes ou la détection de supernovae.
Le projet s’accompagne de trois observatoires au sol. Deep Synoptic Array (DSA), dans le Nevada, comprendra 1600 coupoles radio de six mètres de large, qui réaliseront une image radio du ciel toutes les 15 minutes. Argus Array, constitué de 1200 télescopes de 28 centimètres, dans le Texas, fera de même dans le domaine optique. Le Large Fiber Array Spectroscopic Telescope (LFAST), synchronisera de son côté des milliers de miroirs de 76 centimètres, qui transmettront leur lumière à un spectrographe, pour étudier entre autres la composition chimique des exoplanètes.
Pourquoi mon chien a les oreilles qui pendent ?
Le basset hound est craquant avec ses oreilles démesurées qui traînent au sol. Mais à quoi les doit-il ? À quelques lettres de son ADN. C’est ce que suggère une analyse génétique menées sur plus de 3 000 chiens, loups et coyotes, dans une zone proche du gène MSRB3. Celui-ci code pour une protéine antioxydante, déjà impliquée dans la taille d’oreille des cochons, moutons et chèvres. Des variations dans cette région boosterait l’activité de MSRB3 et accroîtrait la vitesse de prolifération des cellules de l’oreille. Procurent-elles un avantage adaptatif ? Les longues oreilles perdraient plus de chaleur que les courtes, mais elles amélioreraient l’instinct de chasse en rabattant les odeurs vers le nez. Cette étude n’épuise cependant pas le sujet, d’autres gènes pouvant intervenir dans la forme précise des oreilles, pendantes ou droites. Voilà qui ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd.
La revue de presse du 10 janvier 2026
Un Da Vinci Code… génétique
Comment s’assurer qu’un tableau a bien été peint par Léonard de Vinci ? Les experts débattront d’un coup de pinceau trahissant le maître. Le Leonardo Da Vinci DNA Project (LDVP) développe une méthode plus objective : récupérer des traces d’ADN sur la toile, et voir si elles correspondent à des séquences du peintre génial. Sauf que son ADN est inconnu. En reste-t-il des brins dans sa tombe, profanée au 19e siècle ? À moins qu’il soit plus aisé de s’intéresser à l’ADN mitochondrial, plus abondant mais qui s’hérite par la mère. Or personne ne sait où gît celle de Léonard. Le LDVP se focalise donc sur le chromosome Y, transmis de père en fils. Des lignées paternelles ont été retracées jusqu’à aujourd’hui. Dernière piste : analyser des fragments d’ADN sur des lettres écrites par sa famille proche. Un travail de fourmi. Mais la méthode pourrait s’étendre à d’autres énigmes de paternité artistique
[Science]
Le puzzle de nos origines s’enrichit
Des mandibules, des vertèbres et un fémur retrouvés près de Casablanca, au Maroc et datés de 773 000 ans suggèrent qu’Homo sapiens possédait bien des racines anciennes en Afrique. Découverts dans une ancienne tanière de carnivores, les ossements ont été précisément datés par l’analyse des variations magnétiques des sédiments où ils reposaient. Et ils présentent quelques caractéristiques évoquant Homo sapiens. Insuffisant pour en faire avec certitude les restes de nos ancêtres, mais pertinent pour affaiblir le scénario selon lequel Homo sapiens aurait pu naître en Asie d’hominines plus primitifs. Dans tous les cas, cette découverte montre que l’Afrique a bien été le théâtre d’une évolution buissonnante, au moment où se séparaient les lignées dont seront issus Homo sapiens, Neandertal ou l’homme de Denisova.
[Le Monde]
Mais pourquoi procrastine-t-on ?
Vous procrastinez ? Rassurez-vous, ce n’est pas par paresse et il y a des solutions pour y remédier. Car si l’on repousse les tâches pénibles, c’est par rigidité d’esprit. Le cerveau se focalise sur l’inconfort qu’il anticipe. Et par défense, il se laisse activer par ce qui lui procure un bien-être immédiat, comme scroller sur son smartphone. Chez les esprits trop rigides, le cerveau peine à dépasser sa prédiction initiale selon laquelle la tâche va être désagréable voire insurmontable. Mais on peut l’y aider, en décomposant le travail en micro-tâches, en se mettant en mouvement par des micro-actions comme ranger son bureau, ou en associant la tâche à quelque chose d’agréable (de la musique, une boisson chaude…), pour rendre la première étape moins difficile et activer d’emblée les circuits de la récompense. Si vous vous ruez sur la machine à café dès votre arrivée au bureau, ce n’est donc nullement par paresse, mais pour mieux vous mettre au travail.
[The Conversation]
La revue de presse du 20 décembre 2025
Protéger la Terre
C’est une angoisse vieille comme le monde : que le ciel nous tombe sur la tête. Ou plutôt un astéroïde, comme celui qui provoqua sans doute l’extinction des dinosaures. Nous prévenir avant est l’objectif du projet NEO (Near-Earth Object), officiellement démarré en 2022. Objectif : développer un télescope spatial pour 2027, capable de repérer tout objet jusqu’à 140 mètres de long, évoluant à proximité dangereuse de la Terre. Des projectiles encore largement indétectables avec les moyens actuels, mais qui pourraient, en cas de collision, rayer de la carte une ville entière comme Paris. Or moins de la moitié de leur nombre théorique a pu être jusque-là identifié. Le télescope NEO les traquera dans l’infrarouge, et depuis l’espace pour être moins ébloui par le soleil. En cas de détection, il permettra – peut-être – d’organiser en urgence une mission pour dévier sa course ou le détruire. Un objectif qui fait encore consensus au sein de l’administration américaine.
[Science]
BientĂ´t tous myopes ?
Près de la moitié de la population mondiale devrait devenir myope d’ici à 2050. Un tiers des enfants et adolescents le sont déjà . Et jusqu’à près de 90 % des 17-18 ans dans les zones urbaines de Singapour, Chine, Taïwan ou du Japon. Des facteurs génétiques prédisposent à devenir myope. Mais l’environnement joue un rôle majeur, avec deux principaux coupables identifiés : un manque de temps passé à l’extérieur (la lumière du soleil jouerait un rôle protecteur) et trop de vision prolongée de près, notamment pour regarder des smartphones tenus très proches des yeux. Le manque de sommeil serait aussi un facteur aggravant. Des lunettes associant partie centrale concave et lentilles périphériques convexes peuvent freiner l’allongement de l’oeil responsable de la myopie. À utiliser en parallèle d’une bonne cure de soleil et de sommeil, smartphone laissé sagement en poche.
[Le Monde]
Un nouveau standard démultiplie les pouvoirs de l’IA
Le web a pu se développer, à l’orée des années 2000, grâce à la puissance du langage html adopté par tous. L’IA adopte à son tour son propre standard, qui permet aux « agents » de communiquer avec n’importe quelle application, pour échanger des informations et transmettre une action. Son nom ? MCP (Model Context Protocol). Développé en 2024 par Anthropic pour son IA Claude, il a été très vite adopté par les grands acteurs du domaine. ChatGPT l’utilise par exemple pour interagir avec Booking.com, Expedia ou Spotify. Anthropic le cède désormais officiellement à la Linux Foundation, qui garantira ainsi son statut open source, ce qui permettra à d’autres d’en améliorer la sécurité. Le grand public, lui, se souciera sans doute peu de connaître le détail des procédures utilisés. Il constatera juste que son agent IA est capable de faire toujours plus de choses, toujours plus vite.
Le plus vieux mur englouti de France
Un mur géant, de 120 mètres de long pour 20 mètres de large à sa base, a été découvert sous neuf mètres d’eau, au large de l’île bretonne de Sein. Vieille de 7 000 à 8 000 ans, la construction soumise à de forts courants marins comprend 62 monolithes et grandes dalles reposant sur un mur aplati haut de 2 mètres. À quoi pouvait-elle bien servir ? Protection contre les tempêtes ou contre la montée des eaux ? À moins qu’il ne s’agisse d’un barrage destiné à piéger les poissons à marée descendante. Pour les archéologues, l’enquête ne fait que commencer.
[Le Monde]
BientĂ´t Terminator ?
L’intelligence artificielle va-t-elle finir par nous détruire ? Ils sont de plus en plus nombreux, parmi les chercheurs du domaine, à le redouter. Que ce soit parce qu’un humain en aura fait mauvais usage, que l’IA décide d’échapper à notre contrôle, ou qu’elle se diffuse tellement que notre monde devienne trop complexe pour que nous ayons la moindre prise sur lui. Certes, ChatGPT ou Gemini sont encore loin d’avoir de tels pouvoirs. Mais une IA se développant comme un organisme vivant, elle peut évoluer de façon imprévue. Certaines sont déjà conçues pour prendre des initiatives. Résultat ? Elles se mettent parfois à mentir, à tricher, pour mieux atteindre leur objectif. Et tentent même de bloquer leur désactivation. Qu’arrivera-t-il si une telle IA déduit que l’humanité, dans son ensemble, est néfaste à la réussite de sa mission ? Elle pourrait bien choisir de nous supprimer. Sans haine, mais sans empathie non plus.
[Le Monde]
Construire ses propres armes contre le cancer
Reconditionner ses propres cellules immunitaires, pour en faire des missiles guidés contre les tumeurs, est une approche devenue courante : des cellules dites T sont récupérées et cultivées in vitro, puis on leur ajoute en surface, par manipulations génétiques, un récepteur chimérique à un antigène (CAR), qui leur permet de reconnaître les cellules de la tumeur à détruire. Le procédé, qui utilise un virus pour introduire des nouveaux gènes dans les cellules T, est néanmoins très long et coûteux. Une nouvelle approche a été testée avec succès, consistant à introduire la séquence génétique, via un lentivirus, directement dans l’organisme, pour laisser cet ADN se répandre lui-même dans les cellules T du patient. Deux premiers essais cliniques, réalisés chacun sur quatre patients atteints de myélome, sont très prometteurs, avec une disparition observée de la tumeur. Des résultats suivis de près, pour un protocole qui pourrait s’étendre à d’autres pathologies comme le lupus.
[Science]
La revue de presse du 14 décembre 2025
Des jeunes pas si nuls
Les jeunes d’aujourd’hui sont-ils plus incultes ou paresseux que leurs parents ? La conviction que chaque nouvelle génération décline se répète depuis l’Antiquité. Pourquoi ? Deux chercheurs en psychologie ont questionné des Américains sur la façon dont ils jugeaient les jeunes. Résultats ? Plus la personne interrogée est elle-même à l’aise en arithmétique et en vocabulaire, plus elle juge les jeunes moins intelligents que sa propre génération. Plus elle aimait la lecture lorsqu’elle était enfant, plus elle juge que les jeunes d’aujourd’hui n’aiment pas lire. Nous trouverions donc les jeunes faibles dans les domaines où nous serions nous-mêmes performants. Mais l’étude montre aussi que nous aurions tendance à nous croire représentatifs des jeunes d’avant. Le ressenti serait donc doublement biaisé : d’abord en comparant avec nos propres points points forts, puis en les généralisant à notre génération.
Le ver dans le fruit
Les sciences s’appuient sur un principe qui assure sa crédibilité : les résultats publiés par un laboratoire doivent pouvoir être reproduits et confirmés par un autre laboratoire. Un chercheur a donc testé la solidité de 400 articles, publiés entre 1959 et 2011 dans son domaine, l’immunité de la drosophile. Les résultats n’ont rien de catastrophique : environ 80 % des affirmations publiées se sont plus tard révélées tenir finalement la route. Mais les affirmations les plus fragiles proviennent souvent, étonnamment, des « revues trophées » comme Nature, Science ou Cell, ou d’institutions prestigieuses. Les énoncés non reproductibles ont en fait tendance à concerner les chercheurs extérieurs au domaine, qui investissent un champ de recherche pour gagner en visibilité. Un résultat qui traduit l’impact du carriérisme et de la course au spectaculaire sur la fiabilité des publications.
[EPFL]
Naturel ou pas ?
Un lac artificiel est-il naturel ? Derrière cette question faussement paradoxale se dessine un vrai problème philosophique, celui de la nature de… la nature. L’Occident moderne a thĂ©orisĂ© le dualisme entre l’humain et la nature, colonisĂ©e et dĂ©truite par l’industrie. Mais ce partage n’est ni universel ni immuable. Et nombreux sont les philosophes ou les anthropologues Ă brouiller depuis vingt ans cette frontière, provoquant l’hostilitĂ© des technocritiques d’une part, qui voudraient rĂ©ensauvager l’humain, et des Ă©comarxistes d’autre part, qui prĂ´nent au contraire une libĂ©ration de l’« ordre naturel ». Pourquoi considĂ©rer la technologie comme non-naturelle ? Le concept de nature est-il lui-mĂŞme utile ? Un dĂ©bat qui Ă©merge en mĂŞme temps que s’esquissent des tentatives de renouveler notre rapport au vivant. Ou plutĂ´t… aux autres vivants.
[Le Monde]
La revue de presse du 06 décembre 2025
Mâle alpha déchu
L’idée que chez les humains, à l’instar des chimpanzés, gorilles ou orangs-outans, le patriarcat découlerait naturellement de notre nature de primates, prend du plomb dans l’aile. Une méta-analyse révèle que sur 121 espèces de primates étudiées, une dominance du mâle n’est établie que dans 17 % des cas, avec une corpulence masculine plus importante. Mais pour 13 % des espèces, dans lesquelles les femelles contrôlent la reproduction ou sont en forte compétition entre elles, ce sont elles au contraire qui dominent, comme chez les lémuriens. Dans 70 % des cas, soit l’immense majorité, la dominance est tantôt masculine, tantôt féminine, selon le contexte, ou indéterminée. Le comportement sexué des primates est donc en fait très flexible. Et la primauté du mâle n’aurait chez l’humain, le plus flexible des primates, rien de naturel ni d’inéluctable.
[Le Monde]
L’IA cherche la vie
L’IA s’infiltre partout, jusqu’à refaire parler les morts. Mais elle peut aussi servir à identifier des traces de vie primitive. Une équipe américaine a mis en évidence des traces microbiennes dans des roches sud-africaines de 3,3 milliards d’années. Ainsi que des brins de molécules laissés par des microbes producteurs d’oxygène par photosynthèse, il y a 2,5 milliards d’années. Originalité de leur travail ? Ils ont utilisé dans les deux cas le machine learning. Une IA identifie des milliers de petits fragments de molécules organiques fortement dégradées, et analyse leur distribution, à la recherche de motifs trahissant une origine vivante, qu’elle reconnaît avec une fiabilité supérieure à 90 %. L’IA pourrait ainsi se lancer à la recherche de traces de vie sur Mars ou sur d’autres astres du système solaire.
[Reuters]
Malbouffe prioritaire
Entre la santé des consommateurs et celle de l’agroalimentaire, priorité a été donnée à l’industrie. D’abord par le report in extremis, par Matignon, de la publication de la stratégie alimentation, nutrition et climat, attendue depuis plus de deux ans, dont l’ambition est de permettre à tous les Français de manger sainement. Le consensus s’est fracassé sur les aliments ultratransformés, dont il ne serait question, pour le ministère de l’agriculture, d’inciter à limiter la consommation malgré le faisceau convergent d’études démontrant leur nocivité. Pour ne pas être en reste, l’Assemblée nationale a rejeté la mesure visant à généraliser l’affichage du Nutri-Score sur les emballages d’aliments, qui restera donc sur la base du volontariat. Et ce, alors que le surpoids concerne aujourd’hui près d’un adulte sur deux.
[Le Monde]
La passion, un obstacle féminin aux sciences ?
Pourquoi les femmes se dirigent-elles moins que les hommes vers des études scientifiques et techniques (à l’exception des sciences de la vie et de la Terre) ? Les stéréotypes de genres, ou une moindre confiance en soi, sont souvent évoqués. Une étude suggère une cause plus inattendue : les filles auraient plus tendance à choisir des études qui les passionnent, que les garçons, plus nombreux à vouloir un emploi rémunérateur. Un choix que renforcent les parents, laissant davantage les filles étudier ce qu’elles préfèrent, et mettant plus de pression sur les garçons pour qu’ils s’orientent vers des carrières rémunératrices. Par ailleurs, les filles auraient des goûts plus diversifiés, et plus de mal à renoncer aux matières qu’elles apprécient. Augmenter le nombre de femmes scientifiques nécessiterait donc de rendre les sciences plus passionnantes pour elles, et de créer plus de filières multidisciplinaires.
La revue de presse du 28 novembre 2025
Éloge de la simplicité
Fini le temps où l’on réparait sa 2CV avec trois vis et une ceinture de pantalon : la moindre panne sur le matériel high tech d’aujourd’hui coûte une fortune et nécessite une expertise pointue. Peut-on faire « machine arrière » ? Inspiré des Lego et Meccano qui ont fait naître tant de vocations d’ingénieurs, le Global Village Construction Set fournit les schémas de construction d’une cinquantaine de machines complémentaires, du tracteur à l’imprimante 3D, simplifiées à l’extrême. Reconfigurable à sa guise, sur le principe des logiciels open source, constructible à partir d’éléments bons marchés et disponibles sur Internet, ce kit technologique élémentaire est adaptable partout dans le monde et aisément réparable. Une démarche qui s’inscrit dans un rapport réinventé avec la technique, pour augmenter notre autonomie et non la réduire.
[https://www.technologyreview.com/2025/10/16/1125146/civilization-start-kit-open-source-essential-machines/]
Le 6e sens des pigeons
Que des espèces animales, tels les oiseaux migrateurs, utilisent les champs magnĂ©tiques pour s’orienter, cela est connu depuis des dĂ©cennies. Reste Ă savoir comment. États de spin dans des protĂ©ines photosensibles de la rĂ©tine ? Cristaux de magnĂ©tite s’orientant selon les lignes de champs ? De nombreuses thĂ©ories ont Ă©tĂ© Ă©mises. En 1882, un zoologiste avait proposĂ© que les variations de champ magnĂ©tique induisent dans l’oreille interne des minuscules courants Ă©lectriques dont l’orientation ferait office de boussole. Des travaux publiĂ©s (en anglais) dans la revue scientifique Science par l’universitĂ© de Munich confirment que, chez les pigeons, des canaux Ă ions sensibles au voltage, dans des cellules de l’oreille interne, dĂ©tectent les courants Ă©lectriques. Un signal informant le noyau vestibulaire d’une variation de champ magnĂ©tique. Ce mĂ©canisme se retrouve-t-il chez d’autres espèces ?
[https://www.science.org/content/article/pigeons-sense-earth-s-magnetic-field-entirely-new-way]
Des chimios sans crise de nerf ?
Près de 90 % des patients sous chimiothĂ©rapie ressentent des picotements dans les mains et les pieds, des brĂ»lures, douleurs, pertes de sensibilitĂ© ou sensations d’engourdissement. En cause ? Des neuropathies pĂ©riphĂ©riques, qui peuvent persister des mois, voire des annĂ©es après le traitement, sans traitement efficace pour les prĂ©venir. Le mĂ©dia The Conversation annonce qu’un nouveau composĂ©, le Carbal, protĂ©gerait les neurones des effets toxiques de la chimiothĂ©rapie, tout en renforçant son efficacitĂ©. Il agit sur les microtubules et augmente la rĂ©sistance des neurones au stress mĂ©tabolique. L’effet neuroprotecteur a Ă©tĂ© confirmĂ© sur trois agents chimiothĂ©rapeutiques : le paclitaxel, le cisplatine et le bortĂ©zomib. Des premiers essais concluants ont Ă©tĂ© menĂ©s chez le rat, mais il faudra poursuivre chez l’humain.

